La France s'enfonce chaque jour un peu plus
dans un naufrage industriel

En matière énergétique, la France est une anomalie : elle est le pays le plus nucléarisé du monde, le seul à générer plus de 50 % de son électricité à partir de l'atome. Or, en plus de poser de graves problèmes sur le plan de la sûreté, le nucléaire français s'avère aujourd'hui dangereux économiquement : la filière nucléaire, soutenue à perte par l'État et les contribuables, n'est plus compétitive face aux énergies renouvelables.

Derrière une mythologie tenace, l'histoire de la filière nucléaire est celle d'un implacable désastre. L'impasse se précise. Les chiffres le prouvent. EDF et Areva sont en situation de détresse économique, voire de faillite pour Areva. Le marché international se rétracte depuis 20 ans. Les coûts de production explosent. Et l'État se comporte comme un actionnaire plus vorace encore que ceux du CAC 40, multipliant les injonctions contradictoires, incapable d'avoir une vision stratégique de long terme pour ses entreprises publiques.

Nos « fleurons » industriels sont des leurres : Areva est en quasi faillite, EDF s'endette de façon insoutenable

Contrairement au mirage entretenu depuis 40 ans, l'industrie nucléaire française n'a rien d'une réussite. Areva vient de connaître quatre années consécutives de pertes, pour un total cumulé de 7,8 milliards d'euros, et doit licencier massivement.
EDF est pris dans une spirale d'endettement sans fin, avec une dette qui a doublé en 10 ans. A quoi s'ajoute un flux de trésorerie négatif de 4 milliards d'euros en 2014. Son cours de bourse approche également son plus bas historique. Symbolique de ce fiasco : la nouvelle génération de réacteurs, les EPR, rencontrent incident sur incident. Retards et discrédit s'accumulent.

110 milliards

C'est le coût supplémentaire minimum des investissements nécessaires si EDF s'entête à vouloir prolonger son parc nucléaire vétuste, alors même qu'il perd de l'argent. Intenable.

L'international ne sauvera pas le nucléaire français

Les dirigeants d'EDF et d'Areva n'ont cessé d'entretenir la fable d'un marché du nucléaire en extension : ils allaient conquérir le monde avec leur technologie et leur « savoir-faire », notamment grâce à leurs EPR. La réalité est toute autre. Aucun EPR ne fonctionne aujourd'hui dans le monde : le modèle est défaillant.
Le marché mondial du nucléaire se rétracte au profit des énergies renouvelables. Pire : l'équipe de France du nucléaire n'a en réalité conquis que... 2 % du marché international des réacteurs. Grosse performance. Autrement dit, la stratégie de l'export vendue par l'oligarchie du nucléaire est un mirage - ou un mensonge. Quant à l'activité de retraitement du combustible usagé, gérée par Areva dans son usine de la Hague, elle n'intéresse personne hors de nos frontières. Là encore, c'est un échec.

11

C'est le nombre de réacteurs de fabrication française situés hors de France et en fonctionnement aujourd'hui.
Le dernier est entré en activité il y a 18 ans, en Corée du Sud.

1%

C'est la part des clients étrangers d'Areva concernant l'activité retraitement des déchets en 2014.
En fait, Areva ne traite quasiment qu'avec EDF.

L'énergie nucléaire coûte de plus en plus cher à produire

Contrairement à une idée bien répandue, l'énergie nucléaire sera de moins en moins bon marché. Exemple : la construction calamiteuse de l'EPR de Flamanville. Lancé en 2007, le chantier présente aujourd'hui une facture de 9 milliards d'euros, soit trois fois plus que le chiffre initial. Même schéma en Finlande, où EDF est en contentieux avec TVO, l'opérateur finlandais.
Surtout, l'énergie nucléaire coûte de plus en plus cher : d'après la Cour des comptes, entre 2010 et 2013, les coûts de production chez EDF ont explosé de 20 %, signe d'un modèle économique et technologique obsolète. Cela sans compter le sauvetage d'Areva en cours. Ces coûts astronomiques seront répercutés sur nos impôts ou notre facture.

95 €

C'est environ le coût de production du MWh envisagé pour l'EPR de Flamanville (où les déboires s'accumulent, puisqu'un défaut de fabrication des cuves vient d'être détecté, annonçant de nouveaux frais). (coût entre 70€ et 116€/MWh)

75 €

C'est environ le coût de production du MWh des parcs solaires photovoltaïques installés en France aujourd'hui.

L'avenir énergétique du pays passe par les renouvelables (ENR)

Contrairement à ce que prétendent les nucléocrates, les énergies renouvelables sont aujourd'hui capables de prendre la relève. En fait, elles le font déjà, dans de très nombreux pays. Depuis 2010, les investissements au niveau mondial dans les ENR sont en effet 15 fois plus élevés que dans le nucléaire.
Aujourd'hui la solution renouvelable fonctionne parfaitement. Pour preuve, elles représentent déjà plus de 20 % du mix électrique mondial (deux fois plus que le nucléaire) et coûtent en moyenne beaucoup moins cher que le nucléaire (entre 50 et 100 euros du MWh pour les ENR). En France, selon l'ADEME, nous pourrions passer au 100 % renouvelables en 30 ans à peine, sans augmentation significative des tarifs à la consommation. Question de volonté politique.

40%

C'est la part de l'éolien
dans le mix énergétique du Danemark.

630 000

C'est le nombre d'emplois nets qui seront créés dans le scénario de transition énergétique de Negawatt d'ici 2030. Sans compter ceux que nécessiterait le démantèlement des centrales.

Face à cette situation, l'État s'entête au lieu d'adopter une vision stratégique conforme à l'intérêt général

Pour satisfaire des intérêts personnels, conservateurs, nous risquons de rater le virage de la transition énergétique. La France développe les ENR 2,5 fois moins vite que la moyenne européenne. Or, plutôt que de l'embourber dans une filière moribonde, l'État devrait faire d'EDF un acteur de premier plan de la transition énergétique. Au lieu de cela, il se contente de lui envoyer des lettres de mission intenables et contradictoires.
Cette année, une loi de transition énergétique devrait cependant être votée : c'est la première fois qu'il est question de réduire la part du nucléaire. Mais elle demeurera lettre morte si elle n'est pas transformée en un plan d'action concret pour les renouvelables. François Hollande doit maintenant prendre ses responsabilités.

7 milliards

C'est ce dont a besoin Areva pour survivre. c'est l'État et EDF, donc les contribuables, qui vont payer pour cette entreprise qui n'a aujourd'hui aucune vision industrielle de l'avenir.

25%

François Hollande s'est engagé à réduire de 25% la part du nucléaire dans le mix électrique français d'ici à 2025 (pour passer de 75% à 50%).

Greenpeace adresse une pétition à François Hollande :

pour sauver le climat avant qu'il ne soit trop tard, il doit engager une réelle transition énergétique en faveur des renouvelables.

Aidez-nous : vous aussi, signez la pétition !


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