Il ne faut pas avoir le cœur fragile lorsqu’on se prend en pleine figure un procès-bâillon et une condamnation de plus de 660 millions de dollars pour des faits qu’on n’a clairement pas commis. Mais chez Greenpeace, nous avons le cœur bien accroché et nous n’avons jamais reculé devant les grands combats.
Le combat que nous menons aujourd’hui contre ce procès sans fondement intenté par le tyran des énergies fossiles Energy Transfer est un combat pour la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement. Et il est loin d’être terminé.
Depuis qu’un jury du Dakota du Nord a condamné les entités de Greenpeace aux États-Unis (Greenpeace Inc. et Greenpeace Fund) et Greenpeace International à payer plus de 660 millions de dollars, les journalistes ne cessent de me poser des questions sur les preuves qui ont été présentées contre nous au cours du procès.
Mads Christensen et les équipes salariées et bénévoles de Greenpeace International et de Greenpeace Pays-Bas témoignent leur solidarité à l’annonce du jugement.
Amsterdam, mars 2023. © Gosse Bouma / Greenpeace
Au lieu de cela, les avocats se sont référés à des rapports généraux sur les manifestations et à des déclarations (relevant de la liberté d’expression protégée par la Constitution américaine) d’entités de Greenpeace et du mouvement climat pour créer un sentiment de suspicion à l’égard de Greenpeace et discréditer le rôle de leader des communautés autochtones [dans les protestations].
Nous nous trouvons dans l’œil du cyclone mais nous nous accrochons. Chez Greenpeace, nous avons la détermination chevillée au corps.
Ainsi, en février dernier, Greenpeace International a activé pour la première fois la nouvelle directive européenne contre les procédures-bâillons en déposant un recours devant un tribunal néerlandais contre Energy Transfer. La première audience aura lieu en juillet.
Depuis l’annonce du jugement, ma boîte de réception est inondée de messages de solidarité provenant des quatre coins de la planète. Tout le monde a bien compris que ce procès et son issue pourraient compromettre l’avenir de Greenpeace aux États-Unis, mais aussi que si nous ne nous battons pas, cette affaire pourrait ouvrir la voie à d’autres attaques de grandes entreprises contre des activistes, des journalistes ou des organisations qui luttent pour la justice. L’effet dissuasif sur les activités de plaidoyer serait dévastateur et se répercuterait dans le monde entier.
L’afflux de soutiens et d’offres d’aide été très émouvant et réconfortant. Je tiens à remercier tous nos partenaires et alliés du mouvement qui portent notre message et luttent à nos côtés.
Ensemble, nous pouvons faire en sorte que L’AVENIR NE SOIT PAS ÉCRIT PAR UNE POIGNÉE DE TYRANS MILLIARDAIRES mais par chacune et chacun d’entre nous, agissant solidairement pour faire passer les être humains et la planète avant les profits.
À l’heure où j’écris ces lignes, le navire de Greenpeace Rainbow Warrior est de retour dans les Îles Marshall, à l’invitation du peuple marshallais, afin de soutenir sa lutte pour la justice nucléaire et climatique. Cela me rappelle que la dernière fois que les puissants avaient attaqué Greenpeace, c’était il y a 40 ans. Et ce n’était pas avec un procès-bâillon, mais avec des bombes. Bien mal leur en avait pris.
Ils pensaient pouvoir nous briser. Ils pensaient pouvoir nous intimider et nous faire taire. Ils se sont fourvoyés. Ils ont soufflé le vent dans nos voiles et Greenpeace est devenue plus grande et plus forte que jamais.
Nous refusons de nous taire.
Nous ne reculerons pas.
Mads Christensen, directeur général de Greenpeace International
(Article publié initialement en anglais sur le site de Greenpeace International).